L'an 2010 : destination Brésil !

Troisième partie : tranquilité, bonheur et conclusion.

vendredi 29 janvier 2010

Le meilleur resto du monde ?

Avant de quitter le Québec, j’ai reçu la curieuse directive de refuser le dernier repas offert dans l’avion : je devais avoir l’estomac bien vide lors de mon arrivée au Brésil… Je n’ai pas trop posé de questions : à la veille de mon départ, j’avais bien d’autres choses en tête! Finalement, vu la gueule du sandwich que l’hôtesse de l’air voulait me donner, ce ne fut pas trop difficile de me priver! J’atterris ainsi à Rio de Janeiro avec un ventre gargouillant…

À peine sortis de l’aéroport, nous nous sommes engagé sur l’autoroute en direction de Cabo Frio en vue d’y passer quelques jours de vacances pour le jour de l’An. J’étais tellement obnubilé par le nouveau paysage qui défilait que j’en avais oublié ma faim, mais bientôt fut le temps de s’arrêter pour manger. Et c’est précisément sur cette autoroute que j’ai connu le meilleur restaurant du monde : Vacaria du Sul!

Bon, je me dois d’ouvrir une parenthèse : meilleur restaurant du monde est un titre plutôt important et j’ai encore quelques pays à visiter avant de trancher cette question… Mais avec toute la fébrilité du moment - ma fraiche arrivée au Brésil, la rencontre avec la femme qui habitait mon cœur depuis près d’un an et une faim qui avait eu plusieurs heures de voyage pour grandir -, j’avais toutes les prédispositions pour tomber amoureux de cet endroit!

Ce qui m’a le plus charmé en fait, c’est la découverte d’un nouveau principe de restauration : les rodizios! Quel concept culinaire extraordinaire! Pour un prix fixe, on accède au rodizio et on peut manger à volonté. Mais attention : rien à voir avec les buffets à volonté que j’ai pu connaître avant… Dépendamment du type de rodizio, il y a parfois un buffet central où l’on peut se servir librement, mais le cœur du repas nous est présenté à tour de rôle directement à la table par une multitude de serveurs.

Je m’explique…


Une armée de serveurs se promène de table en table, transportant une variété de plats. On choisit ses plats favoris pour garnir son assiette! Il existe plusieurs types de rodizios : pizzas, sushis, pâtes, nourriture régionale, etc... Chez Vacaria du Sul, la spécialité c’est le grill! Et c’est un des rodizios les plus renommés du pays!

À mon entrée au restaurant, je fus premièrement impressionné par le riche buffet central. Présentation alléchante, produits frais et savoureux, diversité intéressante : j’étais déjà comblé! Mais on m’explique que tout cela n’est que l’entrée, l’accompagnement… Quoi? Bon… En effectuant un premier tour du buffet, j’essaie de limiter mes choix, mais devant l’éventail d’une telle gastronomie, mon assiette finie bien remplie! L’eau à la bouche, je m’assois finalement à table et je m’arme d’une fourchette…. Mais avant même la première bouchée, un serveur, muni d’une épée sur laquelle est enfourchée une viande grillée à la perfection, se fige à mes côtés et me demande : « Picanha? » Comment dire non…? J’arrive à faire une petite place dans mon assiette alors qu’il tranche une fine tranche d’une viande qui s’avéra sublimement savoureuse! La fine cuisson sur braise caramélise à perfection les sucs de cette tendre viande qui croustille délicatement sous la dent tout en libérant un flot de saveur…! Mmm… Je n’ai jamais été trop carnivore, mais là! Les Brésiliens savent vraiment cuisiner la viande!

Mais alors que j’étais perdu dans l’ivresse de ma dégustation, un second serveur m’aborde : « Pastelzinhos? », puis un troisième : « Camarão? » et puis j’ai arrêté de compter : « Mandioca? Banana Frita? Maminha? Alcatra? Lombo? Cupim? Corações de frango? Costela de boi? Polenta? Bolinhos de bacalhau? Etc… » À ce rythme-là, je n’arrivais à voir la couleur de mon assiette! N’est-ce pas le paradis de la gourmandise? Un restaurant où plus tu manges, plus ton assiette se remplie - et ce, sans même avoir à se lever!

Moi qui raffole de bonne gastronomie et qui suis friand de saveurs nouvelles, je me suis exalté devant cette délicieuse abondance! Malheureusement, je ne me suis jamais rendu au dessert…! L’espresso final fut le mieux que je pus faire! Repus et satisfaits, nous reprîmes la route en paix… Bem vindo no Brasil! (Bienvenu au Brésil!)

« J’ai l’impression que je vais m’y plaire ici… », pensais-je vaguement alors que je me laissais gagner par la somnolence de ma digestion…

lundi 25 janvier 2010

La chaleur de l'été... au mois de Janvier!

Le premier choc fut bien entendu la différence de température. Depuis mon arrivée, la température oscille autour des 33 degrés... Durant la première semaine : aucun souci! Facile... j'étais allongé sur une plage paradisiaque et mes déplacements étaient limités à : aller faire une baignade pour me rafraichir, aller chercher une noix de coco pour me rafraichir ou aller chercher une bière pour me rafraichir... Avec un Soleil puissant qui martyrisait ma peau, j’avais chaud, très chaud, mais bon... j'avais plusieurs solutions à mon inconfort! Le problème, c'est lorsque j'ai dû me résoudre à quitter la plage : en ville, fini le maillot... Durant les premiers jours, la sueur perlait abusivement sur ma peau et mes vêtements mouillés étaient inlassablement - et inconfortablement! - collés à mon corps. Sensation désagréable d'être sale en permanence...

Mais j'ai bien fini par m'adapter! J'ai acheté des vêtements légers et frais, je me suis mis à prendre deux/trois douches froides par jour, j'évite de sortir au milieu de la journée et si j'ai à le faire, je me déplace lentement et sans presse! En cas de panique, j'ai déjà repéré quelques vendeurs de noix de coco fraiches à quelques coins de rues de la ville! Et oui... à la plage où en ville, les noix de coco sont toujours là pour me sauver la vie! Et finalement, une fois acclimaté, j'ai envie de dire que la chaleur à son lot d'avantages sur le froid!

Bon premièrement, la vie en short et en sandales est vraiment agréable... Et la nuit, quand le thermomètre descend autour des 22 degrés, la température devient idéale et la ville s'anime de sa vie nocturne! Après être resté à l'intérieur et au frais toute la journée, quoi de mieux que de sortir en soirée? Il existe une telle diversité de bars, de restaurants, de boites de nuit, de discothèques, de cantines, de cafés, de cinémas, de terrasses, etc. que l'on trouve une activité intéressante tous les soirs. Les Brésiliens ont vraiment l'habitude de sortir et les centres de leurs villes sont chargés de ces endroits alléchants! Les rues se retrouvent bondées de jeunes et l'ambiance est telle que j'ai toujours l'impression que c’est vendredi...

Voilà que j'ai de quoi occuper mes soirées! La nourriture est tout simplement magnifique et la bière n'est pas chère! Quoi demander de mieux?




dimanche 24 janvier 2010

Par où commencer?

Devant la vaste diversité qu'offre le Brésil, par où puis-je commencer ma description? Tant de nouveauté me laisse agréablement dérouté. N'est-ce pas là toute la beauté de l'inconnu? Lorsque la fébrilité, l'excitation, la curiosité et l'étonnement procurent une séduisante sensation de légèreté. Exactement comme les premiers moments d'une relation amoureuse... Et c'est avec plaisir que je me laisse séduire tranquillement par cette nouvelle culture. Une telle effervescence me laisse ivre d'informations : mes sens sont en stimulation constante et je termine mes journées avec un cerveau bouillant!



Petit à petit, par l'ajout de messages à ce blog, je tenterai de tracer le portrait de mon nouvel entourage. Le Brésil n'est pas un pays qui se décrit en deux phrases... Mais en un an, le défi me semble abordable!


dimanche 17 janvier 2010

Le Brésil?

Le Brésil... Qui l'aurait prédit? Moi? Certainement pas! Pourtant, maintenant que j'y suis, aucune autre destination ne me semble plus adaptée! J'y vis un dépaysement total et enivrant; rien de mieux pour apaiser ma soif de nouveauté. Je suis à la merci d'une curiosité intarissable : elle m'anime et m'empêche de rester tranquillement en place... Une sorte d'hyperactivité? En tout cas, je préfère les voyages aux médicaments!

Bien qu'il y a un an, je n'aurais jamais pensé venir étudier en Amérique du Sud, je n'ai pas atterri ici par hasard. Remontons à l'an dernier, lors de mon échange étudiant en France. Mon premier contact avec le Brésil fut en début du mois de février 2009, lors d'un voyage au Maroc... Le Maroc? Rien à voir! Pourtant, c'est là que j'ai rencontré une Brésilienne au charme exceptionnel... ;) Impossible de résister : nous avons passé les 5 mois suivants ensemble à Belfort (France). C'est là qu'est né mon intérêt pour le Brésil...

Ainsi, avant même d'avoir terminé mon séjour en France, je me suis mis à préparer les démarches de mon deuxième projet d'échange étudiant. Voilà qui se dressait devant moi une autre année prometteuse. Mais combien de défis à surmonter et combien de risques à prendre avant d'en arriver là? La liste est lourde :
  • Établir une convention d'échange étudiant entre deux universités de langues différentes.
  • Convaincre l'UQAR de me laisser partir pour une deuxième année à l'étranger.
  • Trouver des cours brésiliens correspondants à ma formation québécoise.
  • Apprendre le portugais avec un niveau suffisant pour suivre des cours universitaires.
  • Financer un an au Brésil (logement, avion, assurance voyage, vie sur place) avec seulement deux mois de travail.
  • Vivre une relation amoureuse - encore un peu jeune - à distance pendant 5 mois.
  • Et une montagne de détails à régler afin de porter le projet à sa réalisation...
Malgré toutes ces incertitudes, j'ai décidé de m'investir à fond dans le projet. Peu importe la suite des événements, un an au Brésil ne peut qu'être bon! Mais il faut bien que je me l'avoue un jour... je suis un romantique naïf et passionné et je laisse souvent ma passion diriger mes choix! Naïf, peut-être... mais certainement pas irréfléchi ni insensé! Et quand ma détermination s'attaque à un projet, j'ai plus d'un tour dans mon sac pour parvenir à mes fins. Par contre, j'ai appris de mes erreurs et je réalise bien que la vie n'est que très rarement comme on aimerait qu'elle soit. Je dirige toujours les éléments qui sont sous mon contrôle vers mes objectifs, mais pour ce qui est hors de ma portée, je ne peux qu'espérer développer la sagesse d'accepter la vie telle qu'elle est.

Bref, tout cela pour dire que j'ai entrepris tous les efforts nécessaires pour parvenir à ce nouvel objectif envoutant. Et après plusieurs mois de démarches étouffantes, je me suis retrouvé comme par magie dans l'avion qui me transférait d'hémisphère.

Changement de pays, de culture, de saison, de langue, d'alimentation; bref, changement de vie!





jeudi 14 janvier 2010

Parce qu'il faut bien un début

J'ai longuement hésité avant de me lancer dans la création de ce blog... Avec Facebook pour publier mes photos et Hotmail pour donner de mes nouvelles, à quoi bon encombrer le web d'un site de plus?

Lors de mon séjour en France, l'Office Franco-Québécois pour la Jeunesse (OFQJ) m'avait demandé d'entretenir un blog sur mon échange étudiant en échange d'une aide financière visant l'achat du billet d'avion. Au début, je trouvais que le deal était avantageux : une belle façon d'économiser quelques dollars tout en donnant des nouvelles à mes proches... Mais je me suis surpris à prendre goût à cette rédaction mensuelle. Et même plus : j'en ai réellement fait un jeu! Sachant que je me devais de décrire mes aventures et mes péripéties, je suis devenu beaucoup plus attentif à mon environnement lors de mes différents voyages. Crayon et papier toujours à portée de main, j'étais à l'écoute délicate de mes sens, cherchant les adjectifs les mieux adaptés pour décrire mes sensations et émotions avec le plus de fidélité.

L'écriture est donc devenue un moyen d'immortaliser certains moments de mon existence. Je ne prétends pas bien écrire, mais je sais qu'écrire me fait du bien! Quand j'écris, je laisse l'inspiration du moment guider mes mots, si bien que je ne sais jamais trop vers quoi je me dirige! Je sais quelle information je veux transmettre, mais le chemin pour y parvenir est toujours un mystère!

Alors si j'ai décidé de créer ce blog, c'est avant tout parce que j'ai plaisir à écrire. Et tant qu'à le faire dans un journal de voyage, autant en faire profiter ceux qui veulent bien suivre mon année au Brésil! C'est avec plaisir que je vous partage mes émotions, mes idées, mes aventures et mes inspirations!

Il est peut-être vrai qu'une image vaut mille mots, mais avec les mots, je peux faire naître une image différente dans l'esprit de chacun...