Voilà que mon histoire se répète. Toute chose a un bon et un mauvais côté, n’est-ce pas? Eh bien, j’ai trouvé la malédiction du voyageur solitaire… Dans ma folle et instable quête de nouveauté, ma route ne peut qu’aller de l’avant. Chaque arrivée impose un départ, chaque rencontre, un adieu. Je me retrouve à nouveau sur le point d’abandonner la vie que je viens à peine de construire. Je me sens parfois comme un arbre qu’on déracine chaque année pour le changer de forêt. Jusqu’où pousse un arbre sans ses racines?
Il y a six mois déjà que je suis installé dans la ville de Juiz de Fora. Six mois, c’est le temps d’apprivoiser la ville, de se faire un beau cercle d’amis, de se sentir à la maison, de trouver le confort dans nos petites habitudes quotidiennes… Bref, six mois, c’est le temps que j’ai mis à construire ma vie ici. Et maintenant, voilà que les jours se réduisent en heures et qu’approche le moment où je devrai reprendre la route.
Je reste confus entre l'excitation et la nostalgie. L’excitation de me lancer à nouveau dans le vide de l’inconnu et la nostalgie des milles et une merveilles que j’ai rencontré ici : amis, amantes, places publiques, quartiers, montagnes, plages, rues, villages, marchands de coin de rue… Je vis mon petit paradoxe à nouveau : la certitude qu’il existe une infinité de merveilles à découvrir me force à abandonner celles d’ici.
Malgré tout, c’est de bon cœur que je fais ma valise. Je repense aux rencontres, aux aventures, aux sorties, aux découvertes et aux voyages que m’aura permis cette région. Avec le temps, j’ai appris à être heureux d’être passé plutôt que d’être triste de m’en aller. Et je sais très bien que j’emporte le meilleur avec moi : un vécu qui ne s’effacera pas.
Je deviens ce que je vis, car se sont mes expériences qui façonnent ma vie.


