Un auteur perdu dans ses pensées et un blog à la dérive. Voilà quelques temps que je me prélasse dans mon hamac, cherchant les mots pour décrire la vie que je mène. Ma vie sur l’île de Florianópolis est d’une simplicité absolue et c’est ce qui la rend splendide. Mon arrivée sur l’île est parfaitement comparable à celle d’une mouche dans une toile d’araignée… Je me suis fait prendre au piège de ce paradis sans même en prendre conscience. Installé entre la mer et la forêt, au creux d’un charmant quartier de pêcheurs, la vie paraît chaque jour meilleur. Pour la première fois depuis bien longtemps, je ne ressens aucun de désir de bouger ni de continuer à voyager. Sirotant mon café sur la terrasse qui offre vue sur la mer, impossible de diriger mes pensées en dehors de cette île. Île que l’on surnomme Ilha da Magia avec raison. Ici, tout est possible, tout est merveilleux, tout est allègre. Ici, les solutions apparaissent avant les problèmes, les fêtes commencent au coucher de Soleil et les amours naissent de simples clins d’œil. Pas de complications ni de préoccupations, seulement une vie totalement libre et dangereusement enchanteresse.
Avec ses 42 plages, ses lacs, rivières, cascades et montagnes, Floripa m’offre beaucoup plus de ce que j’ai besoin pour être heureux. C’est en oubliant peu à peu qu’il existe un monde en dehors de l’île je suis resté trois mois dans mon hamac… Maintenant plus Brésilien que jamais, je me suis concocté avec plaisir une vie toute fraîche, entouré de gens agréables et animés. Avec un seul jour d’école par semaine, je suis libre tout le temps, pour tout. Je croyais avoir un semestre relax, bien paisible au creux de ma petite plage, mais je me suis vite fait emporté par le rythme de la vie locale! Et quelle vie… Une routine qui n’en est pas une : café sur la terrasse, baignades matinales, cueillettes de fruits dans la rue, randonnées dans les montagnes, amis à la plage, siestes dans le hamac, surf, soirées endiablées, churrascos à la maison, samba… Bon, je suis tombé dans le piège de Floripa, mais je crois que c’était inévitable. Personne n’y résiste.
Et maintenant, j’en suis à compter les jours qui m’en sépareront. Comment est-ce possible? Comment pourrais-je quitter cet endroit, cette vie? Sans réponse, j’ai décidé de vivre chaque jour qu’il me reste dans ce paradis comme si c’était le premier. Celui où j’ai aperçu l’île pour la première fois, où je suis tombé dans le piège de son charme. Peut-être ais-je trouvé ce que je cherchais inconsciemment depuis si longtemps : quelques kilomètres carrés de cette Terre qui me correspondent vraiment. Un chez-moi unique où chaque jour est paisible et serein et où chaque nuit est douce et sensuelle.
Bien qu’actuellement, il soit difficile d’imaginer que je dois quitter cet endroit, je ne peux me laisser attrister par ce départ. Cette île, ce pays, cette culture font et feront partie à jamais de qui je suis, tout comme j’appartiens maintenant à cet endroit. Je conserverai le sentiment incroyable d’avoir vécu un rêve. Comme si j’avais, pour quelques mois, quitté le monde réel et atterris dans un univers imaginaire. Un paradis perdu où les anges dansent la samba, où les sirènes se font bronzer sur la plage et où les fruits les plus savoureux poussent directement dans ma cour. Je ne peux m’attrister de ce départ, car la certitude qu’un tel endroit existe dans le monde est suffisante pour maintenir un sourire sur mes lèvres.


