L'an 2010 : destination Brésil !

Troisième partie : tranquilité, bonheur et conclusion.

vendredi 26 novembre 2010

Floripa


Un auteur perdu dans ses pensées et un blog à la dérive. Voilà quelques temps que je me prélasse dans mon hamac, cherchant les mots pour décrire la vie que je mène. Ma vie sur l’île de Florianópolis est d’une simplicité absolue et c’est ce qui la rend splendide. Mon arrivée sur l’île est parfaitement comparable à celle d’une mouche dans une toile d’araignée… Je me suis fait prendre au piège de ce paradis sans même en prendre conscience. Installé entre la mer et la forêt, au creux d’un charmant quartier de pêcheurs, la vie paraît chaque jour meilleur. Pour la première fois depuis bien longtemps, je ne ressens aucun de désir de bouger ni de continuer à voyager. Sirotant mon café sur la terrasse qui offre vue sur la mer, impossible de diriger mes pensées en dehors de cette île. Île que l’on surnomme Ilha da Magia avec raison. Ici, tout est possible, tout est merveilleux, tout est allègre. Ici, les solutions apparaissent avant les problèmes, les fêtes commencent au coucher de Soleil et les amours naissent de simples clins d’œil. Pas de complications ni de préoccupations, seulement une vie totalement libre et dangereusement enchanteresse.

Avec ses 42 plages, ses lacs, rivières, cascades et montagnes, Floripa m’offre beaucoup plus de ce que j’ai besoin pour être heureux. C’est en oubliant peu à peu qu’il existe un monde en dehors de l’île je suis resté trois mois dans mon hamac… Maintenant plus Brésilien que jamais, je me suis concocté avec plaisir une vie toute fraîche, entouré de gens agréables et animés. Avec un seul jour d’école par semaine, je suis libre tout le temps, pour tout. Je croyais avoir un semestre relax, bien paisible au creux de ma petite plage, mais je me suis vite fait emporté par le rythme de la vie locale! Et quelle vie… Une routine qui n’en est pas une : café sur la terrasse, baignades matinales, cueillettes de fruits dans la rue, randonnées dans les montagnes, amis à la plage, siestes dans le hamac, surf, soirées endiablées, churrascos à la maison, samba… Bon, je suis tombé dans le piège de Floripa, mais je crois que c’était inévitable. Personne n’y résiste.

Et maintenant, j’en suis à compter les jours qui m’en sépareront. Comment est-ce possible? Comment pourrais-je quitter cet endroit, cette vie? Sans réponse, j’ai décidé de vivre chaque jour qu’il me reste dans ce paradis comme si c’était le premier. Celui où j’ai aperçu l’île pour la première fois, où je suis tombé dans le piège de son charme. Peut-être ais-je trouvé ce que je cherchais inconsciemment depuis si longtemps : quelques kilomètres carrés de cette Terre qui me correspondent vraiment. Un chez-moi unique où chaque jour est paisible et serein et où chaque nuit est douce et sensuelle.

Bien qu’actuellement, il soit difficile d’imaginer que je dois quitter cet endroit, je ne peux me laisser attrister par ce départ. Cette île, ce pays, cette culture font et feront partie à jamais de qui je suis, tout comme j’appartiens maintenant à cet endroit. Je conserverai le sentiment incroyable d’avoir vécu un rêve. Comme si j’avais, pour quelques mois, quitté le monde réel et atterris dans un univers imaginaire. Un paradis perdu où les anges dansent la samba, où les sirènes se font bronzer sur la plage et où les fruits les plus savoureux poussent directement dans ma cour. Je ne peux m’attrister de ce départ, car la certitude qu’un tel endroit existe dans le monde est suffisante pour maintenir un sourire sur mes lèvres.

mercredi 1 septembre 2010

Pas facile d'être heureux


Voyager, c’est beaucoup plus un mode de vie qu’une action en soi. Le voyageur est en constante adaptation. Flexible devant les imprévus qui le frappent, il parvient à s’accommoder de plusieurs situations délicates : « La vanne est en panne? Parfait, on campera ici! », ou encore : « Plus de place à l’auberge? On va devoir se faire des amis ce soir…! », ou le classique : « Plus de sous pour le resto… Sors la canne à pêche, je vais chercher du bois! »

Pour vivre heureux, pas besoin de grand-chose, mais il est primordial d’apprécier le peu que l’on a. J’ai l’impression parfois que plusieurs personnes placent le bonheur derrière certaines étapes plus ou moins difficiles à traverser. Comme si le bonheur était une destination, ou un aboutissement! Ils me semblent tristes et me répondent qu’une fois les études terminées, ou une fois le projet accompli, ou une fois les enfants plus grands, ils auront enfin le temps de profiter… Mais le bonheur ne s’atteint pas d’un seul coup! C’est comme tout ce qui existe dans nos vies : la pratique est la seule voie de réussite. Le bonheur se pratique un peu chaque jour : on diminue notre taux de stress, on s’accorde un minimum de temps pour les petites choses qui nous font plaisir, on apprend à voir le côté positif des choses et on se sensibilise aux merveilles de la nature. Peu à peu, le bonheur cesse d’être un objectif lointain, mais devient le chemin par lequel on traverse la vie.

Mais ce n’est pas tous les jours facile!
L’adaptation aux situations nouvelles et l’acceptation de ce qui ne peut être changé sont essentielles pour traverser les obstacles sur notre chemin. Il y a déjà quelque temps que je voyage et que je m’expose à une multitude d’expériences nouvelles. J’essaie d’adopter une philosophie de vie positive afin de me laisser porter par la vague de mes aventures plutôt que de luter dans les remous de l’inconnu… Par contre, il restera toujours des défis à surmonter, c’est ce qui rend la vie savoureuse!

Mon dernier mois au Brésil a été un renversement total dans ma vie. J’ai quitté Juiz de Fora, la ville où j’étais installé depuis sept mois, pour venir m’installer un peu plus au sud, sur l’île de Florianópolis. Nouvelle ville, nouveau quartier, nouvelle université. Tout est à recommencer : la recherche d’appartement, la création d’un nouveau réseau social, connaître la ville, adopter de nouvelles habitudes et m’intégrer à mon nouveau milieu. Mais ça aussi c’est un exercice qui se pratique et à force de voyager, j’ai appris à réorganiser ma vie assez rapidement. Malgré tout, une grande dose d’adaptation et d’acceptation a été nécessaire afin de conserver une vision positive de mon nouvel environnement…

Il faut dire qu’après un mois, je commence à bien m’habituer à ma vie toute fraîche. C’est loin d’être une vie facile, mais il n’y a rien qu’un esprit positif n’arrive à apprécier. Tous les jours, je dois me réveiller hyper tôt… Sinon, je risque de perdre les premières vagues de mon surf matinal. De plus, la région où j’habite est vraiment dangereuse. Avec autant de plages sur cette île, le risque d’attraper un coup de Soleil est extrêmement élevé, sans parler du cancer de la peau! De plus, j’habite tellement loin de l’université que je dois prendre trois bus et le trajet dure une heure et demie! Au moins, je n’ai qu’une seule journée de cours par semaine… En plus, je dois tous les jours marcher jusqu'à la maison, car dans le quartier il n'y a pas de voitures : seulement un petit chemin bordé de bananiers qui se faufile aux travers les quelques maisons de pêcheurs... Le pire c’est que la petite maison que je loue est voisine d’une auberge jeunesse. Ces jeunes voyageurs venant des quatre coins du globe sont toujours en train de faire la fête et me harcèlent pour les accompagner… Et impossible d’avoir un peu de tranquillité pour dormir ici : le bruit des vagues sur la plage et du vent passant dans les branches dérange constamment mon sommeil… Mais bon, malgré tout, je reste heureux. Ça c’est de l’attitude positive!

dimanche 8 août 2010

Coup de foudre

La vie est ainsi... C’est lorsque l’on ne cherche pas qu’apparaissent les plus belles merveilles. J’étais tranquillement installé dans ma petite routine quand je l’ai senti se rapprocher doucement de moi. On avait déjà eu quelques rencontres, quelques aventures, bien sûr, mais jamais auparavant n’avais-je senti une telle chaleur à son contact.

Tout est arrivé de façon très naturelle, avec calme et douceur. Dès la première fois que je l’ai aperçu, que je l’ai prise dans mes bras, j’ai tout de suite craqué pour son charme et le doux son de sa voix. La passion initiale est toujours agréable, mais avec le temps, je dois avouer que d’autres passions ont pris sa place… Mais voilà qu’aujourd'hui, elle réapparait dans ma vie et m’accompagne dans mes joies, mes tristesses et mes délires.

Comment pourrais-je trouver meilleure compagne? Partout où elle va, la nuit gagne en couleur et les gens s’animent en chants et en danses. Son charisme m’entoure d’amis, laissant la solitude à son triste sort. Seul avec elle, le temps perd son emprise et le rythme de sa voix mélodieuse apaise mes angoisses et mes craintes. Elle arrive toujours à exprimer mes pensées avec délicatesse lorsque mes propres mots me font défauts.

Et que dire de son corps sans tomber dans l’abus…? Ses courbes parfaites sont pour mes mains une grâce, pour mon âme une extase. Tous les soirs, bien logée au creux de mes bras, elle se laisse caresser doucement. Mes doigts finement posés sur ses cordes font naître une mélodie unique qui berce mes pensées jusqu’à ce que je cède au sommeil, ma guitare adorée encore à la main…

mardi 13 juillet 2010

À chaque rencontre son adieu

Voilà que mon histoire se répète. Toute chose a un bon et un mauvais côté, n’est-ce pas? Eh bien, j’ai trouvé la malédiction du voyageur solitaire… Dans ma folle et instable quête de nouveauté, ma route ne peut qu’aller de l’avant. Chaque arrivée impose un départ, chaque rencontre, un adieu. Je me retrouve à nouveau sur le point d’abandonner la vie que je viens à peine de construire. Je me sens parfois comme un arbre qu’on déracine chaque année pour le changer de forêt. Jusqu’où pousse un arbre sans ses racines?

Il y a six mois déjà que je suis installé dans la ville de Juiz de Fora. Six mois, c’est le temps d’apprivoiser la ville, de se faire un beau cercle d’amis, de se sentir à la maison, de trouver le confort dans nos petites habitudes quotidiennes… Bref, six mois, c’est le temps que j’ai mis à construire ma vie ici. Et maintenant, voilà que les jours se réduisent en heures et qu’approche le moment où je devrai reprendre la route.

Je reste confus entre l'excitation et la nostalgie. L’excitation de me lancer à nouveau dans le vide de l’inconnu et la nostalgie des milles et une merveilles que j’ai rencontré ici : amis, amantes, places publiques, quartiers, montagnes, plages, rues, villages, marchands de coin de rue… Je vis mon petit paradoxe à nouveau : la certitude qu’il existe une infinité de merveilles à découvrir me force à abandonner celles d’ici.

Malgré tout, c’est de bon cœur que je fais ma valise. Je repense aux rencontres, aux aventures, aux sorties, aux découvertes et aux voyages que m’aura permis cette région. Avec le temps, j’ai appris à être heureux d’être passé plutôt que d’être triste de m’en aller. Et je sais très bien que j’emporte le meilleur avec moi : un vécu qui ne s’effacera pas.


Je deviens ce que je vis, car se sont mes expériences qui façonnent ma vie.

dimanche 27 juin 2010

Futebol

Tout s’est arrêté d’un seul coup... La cacophonie s’est subitement transformée en un silence inquiétant. Un silence lourd de tension. À quelques milliers de kilomètres d’ici, la pression repose sur le numéro 11 qui manie frénétiquement la balle à ses pieds. Celui qui s’essoufflait sur sa trompette de plastique s’est figé, une expression pleine d'espoir au visage. Celle à mes côtés s’est jetée sur mon bras, cherchant un réconfort dans l’incertitude béante du moment. Je perçois sur ma peau le pouls accéléré de son cœur. Le pouls de toute la nation qui s’est synchronisé sur celui du numéro 11. Ça bat fort. Autour de la minuscule télévision installée sur la terrasse, une quinzaine de jeunes retiennent leur souffle alors que le ballon fend l’air d’un coup précis pour se loger violemment dans le fond du filet adverse.

GOOOOOOOL !!!!!!!

D'un cri unique, tous se lèvent et célèbrent le but! L'excitation reprend : la bière remplit les verres, les drapeaux du Brésil sont balancés dans tous les sens, le trompettiste regagne contrôle de lui-même et quelques percussions accompagnent ce joyeux brouhaha. Tous commentent en même temps l’événement en reprenant leur place devant l’écran. La tension est descendue d’un cran : le Brésil vient de prendre les devants!

C’est beau de voir une population entière réunie pour un même objectif. Tout le monde uni : race, sexe, classe sociale, âge, région, tout cela perd son sens. Durant la Coupe du Monde, tous se sentent Brésiliens avant tout! Lors des matchs du Brésil, les rues se vident, les boutiques ferment et les nuages s’immobilisent, car même le vent s’arrête pour assister au jeu… Folie totale. Les professeurs ne donnent pas de cours les journées de match et la plupart des employeurs offrent congé à leurs travailleurs. Le pays arrête littéralement de fonctionner!

Le futebol c’est l’emblème du Brésil — juste à côté de la danseuse de samba. Qui peut affirmer être père s’il n’a jamais offert un ballon à son fils? Qui peut dire avoir accompli sa vie sans avoir assisté à un match dans le stade du Maracanã? Qui ose parler de sentiments avant d’avoir pleuré la défaite douloureuse de son équipe? Le futebol, c’est beaucoup plus qu’un sport : c’est le rêve des gamins, la passion des parents, l’angoisse de la compétition, la bière entre amis, la conversation dans l’autobus, l’excuse pour ne pas étudier, l’excitation d’un match, la fête de la victoire, l’espoir d’un but. Le futebol, c’est le Brésil tout entier qui vibre de fierté.

dimanche 20 juin 2010

Paradis perdu...

Il y avait déjà plusieurs mois que je rêvais de m’aventurer dans le nord-est du Brésil. Je me suis fait vanter la région à plusieurs reprises, si bien que ma curiosité avait depuis longtemps projeté quelques projets dans le coin… Cependant, les 1800 kilomètres qui séparent Juiz de Fora de la région avaient réduit mes plans à néant et je m’étais résigné à attendre ma prochaine visite au Brésil pour y aller.

Et c’est à ce moment qu’un miracle s’est produit… Un billet d’avion aller-retour est apparu dans ma boîte aux lettres! (l’histoire de l’apparition de ses billets d’avion sera pour une autre fois…) Ne pouvant refuser une telle offre, j’abandonne – avec une profonde tristesse – ma semaine d’étude et j’entame le long trajet qui durera une vingtaine d’heures. En tout, 4 autobus et 3 avions me seront nécessaires, mais j’arrive enfin à destination : João Pessoa, capitale de l’état de Paraíba. On dit que c’est la première ville du Brésil à se réveiller étant donné qu’elle est située à l’extrême Est du pays. Lever du Soleil : 4h45. C’est parfait, en vacances au Brésil, on se couche rarement avant ça…!

Premières impressions? Paradis… Il y a bien un moment où j’me suis demandé à quoi bon retourner à Juiz de Fora! La ville côtière à la charmante particularité de n’avoir jamais connu l’hiver. Avec une température moyenne annuelle de 28˚C , une plage d’un sable blanc et doux, une mer aussi chaude que mon bain et des milliers de cocotiers pour accorder un peu d’ombre à mes épaules et un peu d’eau à mes lèvres, comment résister à cette ville?

Quatre jours au Paradis, c’est pas une vie d’enfer ça? Je dois avouer que j’ai passé le gros de mon temps à siroter des bières bien froides et à grignoter crevettes, crabes, poissons et autres délices de mer, à caresser ma guitare à l’ombre des palmiers et à me jeter à l’eau aussi souvent que possible… Que faire d’autre de toute façon? Sous une chaleur pareille, pas question de partir faire le tour de la ville à pied!

Le climat tropical de la région a produit une biodiversité fascinante! Ma promenade au marché municipal m’a tout simplement émerveillé. En l’espace d’une heure, j’ai pu découvrir une quinzaine de fruits qui m’étaient inconnus! Imaginez un peu… Tous les marchés du monde ont leurs particularités, leurs saveurs locales, mais là, je me sentais totalement perdu! Comme un enfant qui entre pour la première fois dans une bonbonnière. Tant de nouveauté d’un seul coup : j’étais ravi… J’ai bien sûr goûté à tout ce que j’ai pu!


mercredi 19 mai 2010

Churrasco

Pour quelques délicieuses secondes, je ferme inconsciemment les yeux et les conversations qui m’entourent deviennent distantes. Ma vue et mon ouïe ont perdu leur importance. En ce moment précis, toute ma concentration est jetée sur la fine lanière de picanha délicatement retenue entre mon pouce et mon index. À peine retirée de la braise, les chauds sucs de cette délicieuse viande humectent mes doigts et ma bouche se remplit de salive. La chair est si tendre et juteuse qu’une légère pression de mes molaires suffit à extraire toute la saveur contenue dans les quelques fibres musculaires. Moment de plaisir. Plaisir simple, mais qui fait vibrer mon corps de satisfaction… Je me résigne enfin à avaler et ma vue et mon ouïe se réactivent; table remplie d’amis à ma gauche, piscine à ma droite et devant moi, le churrasco. D’une bière à la main, je me réintroduis à la conversation qui anime ce doux après-midi ensoleillé.

Churrasco. C’est déjà devenu un réflexe conditionné pour moi : quand j’entends ce mot, je ne peux m’empêcher de saliver… Il y a beaucoup de spécialités culinaires au Brésil. Tant de fruits, de légumes, d’épices, de recettes, de saveurs, de spécialités régionales que même après quatre mois ici, j’en suis encore au stade « découverte ». Mais de tout ce que j’ai pu goûter jusqu’à maintenant, je me dois de couronner le Brésil de « Roi de la viande ». Avec quelque 180 millions de bœufs d’élevage, on peut dire que la viande est bien ancrée dans la culture…

Le churrasco n’est rien de moins que le BBQ du Brésil. Mais quelques particularités transforment l’expérience locale en un réel plaisir gastronomique. Tout d’abord, la viande est grillée sur une braise de charbon de bois, lui procurant une saveur bien distincte et plus gouteuse que le propane. La viande est découpée en steak puis recouverte de gros sel avant d'être embrochée sur des épées à churrasco. Sous la chaleur des charbons ardents, la viande suinte doucement ses sucs, ce qui dissout peu à peu le sel et imprègne la viande d’une salinité parfaite. Le sel excédentaire est retiré une fois la viande grillée à point. Mais si le churrasco brésilien est si incroyablement délicieux, c’est sans aucun doute à cause de la qualité de ses viandes. Le Brésil possède son propre style de découpes de viande, variant en saveurs et en textures. Ma préférée? Rien ne remplace une bonne picanha bien tendre et juteuse qui fond sur la langue… Mmmm!

L’endroit où se déroule les churrascos ajoute énormément au charme du l’expérience. Les foyers bien nantis sont fréquemment dotés d’un espace externe à la maison parfaitement adapté à la situation. Normalement construite de deux murs et d’un toit, cette salle à l’air libre abrite normalement un bar, une grande table et un congélateur pour la bière. Le churrasco en lui-même est intégré à l’un des murs de briques.

Quand un Brésilien m’invite pour un churrasco, je peux m’attendre à passer une belle journée! L’activité commence souvent en fin d’avant-midi. Tout le monde se réunit et le feu est lancé dans le charbon. Un churrasco, c’est une journée de fête! On boit, on se baigne, on joue de la guitare et on mange toute la journée! La viande est achetée en gros morceaux qui seront découpés et préparés sur place pour la cuisson. On ne grille que quelques pièces de viande à la fois, histoire de faire durer le plaisir! Une fois cuite, la viande est découpée en lanières qui seront partagées entre tous en guise de grignotines. Et durant toute la journée, on alterne le bœuf, le porc, le poulet, les saucisses, etc... Ça peut durer jusqu'à 7-8 heures de temps! Normalement, j'ai le temps de manger jusqu'à satiété, digérer et manger de nouveau avant la fin de la journée!

Les churrascos ont tellement l’allure de fêtes que j’en suis toujours à me demander si c’est la bière qui accompagne la viande, ou si l’on mange pour accompagner la bière… Dans tous les cas, la combinaison est parfaite!

vendredi 7 mai 2010

Vie de luxe?

De tous côtés, les immeubles poussent comme le bambou. Je marche sans but dans la rue, observant l’action étourdissante de la ville. La vie bat son plein et, au milieu de cette fourmilière, au milieu du trafic incessant, une charrette — une simple planche de bois avec deux roues (sur la photo, c'en est une de luxe!)— tirée par un cheval me dépasse sans bruit. Image puissante. Le riche s’active et s’excite dans une course sans fin vers la richesse et le pauvre cherche son chemin, incompréhensif devant ce tourbillon loufoque.

Il y a réellement deux mondes parallèles au Brésil. Deux mondes incompatibles qui semblent évoluer indépendamment l’un de l’autre. Les interactions entre eux sont conflictuelles et représentent bien l’injustice créée par la différence de richesse.

Depuis quelques dizaines d’années, le Brésil connait un développement économique rapide. Les villes sont en pleine croissance et la société se forme dans le moule mondial du capitalisme. La consommation et la possession sont, comme dans tous les pays "développés", l’emblème de la réussite sociale. Cette récente explosion économique a permis à plusieurs familles d’augmenter leur niveau de vie (niveau de consommation) et la classe sociale moyenne a enfin gagné en importance. Par contre, ceux qui n’ont su s’introduire dans ce mouvement économique — faute d’éducation, de formation et de travail — se retrouvent dans un fossé encore plus profond…

Contrairement à ce que l’on peut s’imaginer, le coût de la vie ici n’est pas faible. C’est-à-dire, on peut survivre pour peu, mais atteindre le niveau de vie auquel je suis habitué (maison, voiture, vacances, vin à table, etc.) est une lutte ardue. Les produits de base (riz, farine, fèves, pain, légumes, vêtements, etc.) sont à des prix très abordables. Par contre, les maisons, les appartements, les voitures, les équipements électroniques, les vêtements de marques, bref, tout ce qui représente un niveau de vie plus élevé, ont des prix surévalués comparés au marché mondial. Je voulais acheter un appareil photo (après m’être fait voler le mien…) et l’on me demandait R$ 1020 (600 $CAN) pour un modèle que je savais à 300 $CAN au Canada… Une Volkswagen Passat 2010 vaut ici environ R$ 100 000 (60 000 $CAN), alors qu’elle est affichée à 35 000 $CAN chez nous! Il n’y a pas d’entre-deux ici : soit ce n’est pas cher, soit c’est exorbitant!

Bon, très bien : le luxe, c’est le luxe… On peut très bien survivre sans tout ça, n’est-ce pas? Ah… Si c’était si simple! Pensez-y deux minutes : tout le monde aspire à ce mode de vie! Qui peut affirmer être exempt de tels désirs? Au Québec, même les adeptes de la simplicité volontaire ont un ordinateur à la maison… Mais au Brésil, ce n’est pas si simple : les salaires n’ont rien de comparable aux nôtres et puisqu’il n’y a pas d’entre-deux au niveau des prix, atteindre une qualité de vie supérieure — celle à laquelle nous sommes habitués au Québec — est une bataille féroce.

En Europe et en Amérique du Nord, le travail perd progressivement en importance dans nos vies. Les travailleurs sont de plus en plus à la recherche d’un équilibre entre carrière et vie hors travail. Et je vous assure, c’est ça le vrai luxe. Le luxe de pouvoir avoir une vie diversifiée et épanouie conjointement à sa carrière. Ici, pour un étudiant universitaire dans ma situation, rien n’est gagné d’avance et tout le monde sait qu’il faudra travailler d'arrache-pied pour monter les échelons et s’affranchir du poids des dépenses de la vie moderne…

Et ça, c’est pour ceux qui s’en sortent bien. En regardant l’homme sur sa charrette ce matin-là, et en pensant aux 39 % de la population brésilienne qu’il représente, je me suis senti stupidement riche et inconscient. Une richesse qui n’est pas dans mon compte en banque; une richesse qui réside dans les possibilités et la facilité de la vie qui m’attend chez moi…

Pensez-y.

mercredi 28 avril 2010

Ilha do Mel (L'Île du Miel)






Ilha do Mel :
Paraíso
Entre mar e céu.






Poésie, romance, guitare et vin... Réunissez le tout sur une île et, pour un court instant, vous ressentirez toute la douceur que la vie peut offrir. Les îles ont cette merveilleuse particularité d'être isolées du monde réel... Les responsabilités, le stress, le temps, les angoisses, les devoirs, le trafic et toutes les disgrâces de notre société se dissolvent magiquement dans ce bras de mer qui sépare l'île du continent. En libérant votre esprit, la vraie nature du monde peut enfin apparaître sans masques. Tout devient clair, limpide, évident...



Le vent se transforme en caresse
Lorsqu'il traverse mes cheveux
Et la mer, de ses vagues, berce
Le flot continuel de mes pensées.

Exposant son immensité humblement,
L'océan rappelle l'infini de ce monde.
Oui, je me souviens finalement...
Tout est possible : quelle idée profonde!

Sur l'île, la physique s'ébranle :
Au travers elle, la mer liquide,
En terre et pierre, devient solide,
Puis gaz, entre nuage et ciel.

Le monde est musique, sur l'Île du Miel :
Les vagues composent leur douce mélodie,
Berçant mes pensées d'un rythme naturel.
Calme, repos et tranquillité d'esprit.

Ma guitare est une voix sensuelle.
Cordes vocales de mes émotions,
Elle transporte, transforme et révèle
Les secrets profonds de meu coração.

Le temps devient tout simplement
Le pouls de la vie qui bat :
Pour la durée d'un instant,
Un rythme, une idée, une joie.

Et ta main sur ma peau
Est tout ce qu'il me faut
Pour trouver les mots
Et oublier mes maux...

lundi 19 avril 2010

Festas!

La vie nocturne brésilienne offre un tel potentiel de divertissement que s’en est presque étourdissant. Il y a déjà quelques années que j’ai compris qu’en voyage, il ne faut jamais refuser une proposition… Mais ces derniers mois, ma philosophie du voyageur met mon foie à l’épreuve!

Du dimanche au mercredi, c’est les sorties tranquilles. Après la journée de travail ou d’étude, les gens se rencontrent aux quartiers animés de la ville. J’ai vite pris l’habitude d’aller socialiser aux Altos dos Passos! Dans un petit quartier légèrement retiré du centre-ville se concentre une quarantaine de restos, bars et terrasses. Tout le monde y trouve sont bonheur! Grill, sushis, cuisine Mineira (typique de la région de Minas Gerais), brochettes, fine cuisine, hamburgers, pizzas, mets italiens, grignotines et bien sûr, de la bière bien glacée! Durant la semaine, on trouve toujours une bonne occasion d’y faire un tour (ou deux, ou trois, ou quatre…!).

Mais ça, c’est que du social - ce n’est pas considéré comme des sorties! Comme il est commun que les jeunes habitent avec leurs parents jusqu’au mariage, les maisons familiales sont souvent pleines et inappropriées pour recevoir les amis. Ainsi, les rencontres se passent toujours dans les rues qui se retrouvent vite bondées et animées! Il y a des coutumes plus difficiles à adopter que d’autres…!

Et quand les Brésiliens parlent de sortir, on peut s’attendre à veiller tard! Juiz de Fora est une ville universitaire merveilleusement active. Les options de sorties ne manquent pas… Entre les boîtes de nuit, les bals funks, les shows et les discothèques, comment choisir? Il existe une grande compétition sur le marché de la vie nocturne! Tous tentent d’organiser les meilleures fêtes et d’y attirer un max de gens. Chaque semaine, on se fait bombarder de pamphlets publicitaires de ces bars!

En plus de ces sorties « régulières », des événements spéciaux sont souvent organisés. Ces mégas-fêtes sont vraiment des incontournables de la vie active d’ici. Il faut acheter ses billets à l’avance au risque d’en voir le prix doubler à la porte d’entrée. Ces fêtes regroupent habituellement de 2000 à 3000 personnes! Il existe toujours des sections VIP (parfois plusieurs niveaux de VIP), où l’alcool est à volonté! Les meilleurs billets donnent souvent accès au champagne, whisky, vin, Red Bull, sushis, etc. Mais ce n’est pas donné! Pour une section VIP normale (bière et drinks simples), une soirée comme celles-là me coûte de 50 à R$80 (30 à 50$CAN). Mais bon, l’ambiance y est géniale et on y danse jusqu’au tôt le matin! Et puisqu’elles ne commencent normalement pas avant 1h du matin, il est coutumier de se réchauffer un peu dans un des nombreux bars avant de sortir. Mais ici, pas de loi restreignant la vente d’alcool! La fête peut prospérer jusqu’à 8h du matin sans problème… D’ailleurs, certaines fêtes se terminent par un service de petit-déjeuner! Bière et café? Ça doit pas être pire qu’un vodka-Red Bull!