Il y a réellement deux mondes parallèles au Brésil. Deux mondes incompatibles qui semblent évoluer indépendamment l’un de l’autre. Les interactions entre eux sont conflictuelles et représentent bien l’injustice créée par la différence de richesse.
Depuis quelques dizaines d’années, le Brésil connait un développement économique rapide. Les villes sont en pleine croissance et la société se forme dans le moule mondial du capitalisme. La
Contrairement à ce que l’on peut s’imaginer, le coût de la vie ici n’est pas faible. C’est-à-dire, on peut survivre pour peu, mais atteindre le niveau de vie auquel je suis habitué (maison, voiture, vacances, vin à table, etc.) est une lutte ardue. Les produits de base (riz, farine, fèves, pain, légumes, vêtements, etc.) sont à des prix très abordables. Par contre, les maisons, les appartements, les voitures, les équipements électroniques, les vêtements de marques, bref, tout ce qui représente un niveau de vie plus élevé, ont des prix surévalués comparés au marché mondial. Je voulais acheter un appareil photo (après m’être fait voler le mien…) et l’on me demandait R$ 1020 (600 $CAN) pour un modèle que je savais à 300 $CAN au Canada… Une Volkswagen Passat 2010 vaut ici environ R$ 100 000 (60 000 $CAN), alors qu’elle est affichée à 35 000 $CAN chez nous! Il n’y a pas d’entre-deux ici : soit ce n’est pas cher, soit c’est exorbitant!
Bon, très bien : le luxe, c’est le luxe… On peut très bien survivre sans tout ça, n’est-ce pas? Ah… Si c’était si simple! Pensez-y deux minutes : tout le monde aspire à ce mode de vie! Qui peut affirmer être exempt de tels désirs? Au Québec, même les adeptes de la simplicité volontaire ont un ordinateur à la maison… Mais au Brésil, ce n’est pas si simple : les
En Europe et en Amérique du Nord, le travail perd progressivement en importance dans nos vies. Les travailleurs sont de plus en plus à la recherche d’un équilibre entre carrière et vie hors travail. Et je vous assure, c’est ça le vrai luxe. Le luxe de pouvoir avoir une vie diversifiée et épanouie conjointement à sa carrière. Ici, pour un étudiant universitaire dans ma situation, rien n’est gagné d’avance et tout le monde sait qu’il faudra travailler d'arrache-pied pour monter les échelons et s’affranchir du poids des dépenses de la vie moderne…
Et ça, c’est pour ceux qui s’en sortent bien. En regardant l’homme sur sa charrette ce matin-là, et en pensant aux 39 % de la population brésilienne qu’il représente, je me suis senti stupidement riche et inconscient. Une richesse qui n’est pas dans mon compte en banque; une richesse qui réside dans les possibilités et la facilité de la vie qui m’attend chez moi…
Pensez-y.



Ça "fesse" d'être confronté à cette réalité des différences de classe, on peut se demande ce que l'on fait là, mal à l'aise. Ça a au moins l'effet de nous rendre conscient.
RépondreSupprimerContinue tes réflexions, ça nous fait réfléchir aussi.
Thérèse